
Et si nous faisions un rêve ? Vous savez, le genre de rêve post-baba ou néo-bobo, c’est selon le point de vue, piaillé dans les années 1980 par le sympathique groupe Téléphone ? Oui, le rêve d’un autre monde expurgé de la chape écrasante de ses maux qui, au fil des millénaires, a enrobé notre malheureuse terre d’une gangue d’infamies et d’inhumanité crasse. Au point de nous amener tous, malheureux « grains de sable » (pour reprendre l’anthologique formule de Descartes) éparpillés dans un univers gangrené parles guerres et les injustices, à ne plus aspirer qu’à en effacer ce qui est devenu une trop lourde ardoise...
Evidemment, à moins de croire dur comme fer au Père Noël – encore que cette manie qu’ont les adultes à vouloir faire croire à leurs enfants qu’existe « pour de vrai » cette chimère à grosse barbe vêtue de rouge et blanc « inventée » par l’entreprise Coca Cola en 1931 pour doper ses ventes en hiver nous paraît d’une totale incongruité – ou à un coup de baguette magique de la Fée Clochette, force est de réaliser que ce ne seront pas nos actuels « maîtres du monde » qui pourront exaucer un tel vœu. D’autant qu’avec les menaces brandies par ces croquemitaines des temps modernes que sont les agences de notation de rétrograder une grande partie des pays de la zone euro, à commencer par notre Hexagone particulièrement mis à l’index avec une perte possible de deux crans (contre un seul pour les autres !), voilà nos dirigeants dans l’obligation de se muer en mères et pères « Fouettard ».